Account Executive
Fiche de poste, salaire, sourcing, 15 questions d'entretien et plan 30/60/90 pour recruter un·e Account Executive / Commercial·e B2B en PME française.
Compilé par l'équipe Join à partir de données publiques et de notre expérience de recrutement.
Mis à jour
En un coup d'œil
- Salaire médian 50 000 € 40 000 € – 65 000 €
- Délai de recrutement 35–55 jours
- Expérience 3–7 ans
Comment recruter un·e Account Executive pour votre PME
Avant de rédiger l’annonce, posez-vous trois questions de cadrage. Elles déterminent si le recrutement est le bon levier, et de quel profil vous avez réellement besoin.
Question 1 : Avez-vous un pipeline qui justifie un·e AE en autonomie, ou êtes-vous en phase d’amorçage ? Si votre pipeline qualifié actuel est inférieur à 200-300 k€ et que vous n’avez ni SDR ni Marketing Inbound stable, recruter un·e AE qui devra construire son pipeline en cold à 70 % est une bonne décision uniquement si vous acceptez un ramp de 9-12 mois (au lieu des 4-5 mois standard). Sinon, embauchez d’abord un·e SDR pour 6 mois et faites monter l’AE ensuite. Inverser cet ordre est l’erreur la plus fréquente des PME en sortie d’amorçage.
Question 2 : Quelle est votre cible de cycle et panier ? Un·e AE habitué·e à un cycle de 30 jours et 5 k€ de panier n’opère pas du tout comme un·e AE qui pilote des cycles de 90 jours et 60 k€. Les rituels, la cadence de qualification, la profondeur de discovery, et la patience d’attente sur un deal diffèrent. Définissez votre cycle moyen cible avant de pré-sélectionner les candidat·e·s, et écartez les profils dont le cycle précédent est plus de 2× différent du vôtre.
Question 3 : Quel pourcentage de prospection sortante attendez-vous ? En PME B2B, la fourchette est large : 10 % (Marketing alimente le pipeline) à 80 % (l’AE prospecte presque tout). Le profil idéal et la rémunération attendue varient énormément selon ce ratio. Un·e AE qui doit prospecter à 70 % devrait avoir une expérience SDR antérieure ou montrer un track record concret d’outbound réussi. Sans ce cadrage, vous attirerez des profils qui chercheront du Marketing-fed pipeline et déchanteront à l’embauche.
Si les trois réponses convergent vers un·e AE à temps plein (et non un·e SDR ou un·e Sales Manager), passez au modèle d’annonce ci-dessous.
Modèle de fiche de poste
Account Executive B2B (H / F) — PME française
Mission. Construire, qualifier et clôturer un pipeline de comptes [PME / mid-market / scale-up] sur [territoire ou portefeuille], en autonomie sur un cycle moyen de [X] jours et un panier de [Y k€]. Vous reportez au·à la [Sales Manager / Head of Sales / CEO].
Responsabilités.
- Construire et qualifier un pipeline qualifié de 3 à 4× la valeur du quota trimestriel sur [territoire / portefeuille assigné].
- Conduire la discovery sur des cycles de [X] à [Y] jours, en cartographiant 2-4 stakeholders par compte (économique, technique, sponsor, utilisateur).
- Négocier et clôturer des deals dans une fourchette de panier [Z à W] k€, avec une méthodologie de qualification documentée (MEDDIC, BANT, ou équivalent).
- Maintenir une hygiène CRM rigoureuse : mise à jour hebdomadaire, notes structurées, suppression des deals stagnants.
- Collaborer avec [SDR / BDR] sur la qualité des leads passés, et avec [Customer Success] sur le handover après closing.
- Participer aux revues de pipeline hebdomadaires et au forecast trimestriel avec données structurées.
Profil recherché.
- Indispensable : 3 à 7 ans d’expérience commerciale dont au moins 2 ans sur du closing B2B en autonomie ; quota porté ≥ 200 k€ / an ; méthodologie de qualification utilisée explicitement.
- Apprécié : expérience SaaS B2B ou produit complexe ; familiarité avec un CRM moderne (Salesforce, HubSpot, Pipedrive) ; capacité à prospecter en outbound.
- Disqualifiant : 100 % de pipeline marketing-fed sans expérience d’outbound, ou expérience exclusivement transactionnelle (cycles < 30 jours et paniers < 5 k€).
Conditions.
- Rémunération brute annuelle : fixe [40-65] k€ + variable [17-28] k€ à l’OTE (70 / 30). Détails du plan variable communiqués en entretien.
- Modalité : [temps plein, hybride 2-3 jours / semaine sur site, base à [ville]].
- Avantages : [mutuelle, tickets resto, BSPCE, congés, télétravail policy, formation continue].
- Stack : [CRM, sales engagement, outils de pipeline intelligence, démo / visio].
Fourchette salariale
Salaire fixe annuel brut
Variable à l'OTE 17 000 € – 28 000 € 70/30 typique en SaaS B2B mid-market
Fourchette de référence pour un·e Account Executive mid-level (3 à 7 ans, dont 2 à 4 sur du closing B2B en autonomie) en PME française B2B. Les profils SaaS Paris / scale-up tirent vers le haut (60-75 k€ fixe) ; les profils ESN / services tirent vers le bas (35-45 k€ fixe). Variable significatif au-delà du fixe : voir bloc OTE ci-dessous.
Sources: APEC, Baromètre 2025 de la rémunération des cadres commerciaux ; INSEE, DADS 2024 (PCS 374a, Commerciaux moyens et supérieurs) ; Uptoo, Étude rémunération des forces de vente 2025
Où sourcer ce profil
-
LinkedIn
200-400 € / mois (Job Slots)Canal numéro un pour les Account Executives en France, surtout en SaaS et tech. Combinez Job Posts (visibilité passive) et sourcing actif via Recruiter Lite (60 à 80 % des hires de qualité chez les PME tech viennent d'un InMail ciblé). Filtrez par expérience cycle court (SaaS) vs cycle long (services) avant de prendre contact.
-
Welcome to the Jungle
Dès 990 € HT / offreForte audience commerciale scale-up et PME tech à Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes. Particulièrement efficace si votre marque employeur est jeune ou si vous recrutez sur un produit nouveau (les candidat·e·s WTTJ valorisent la mission et la culture autant que la rémunération). Moins pertinent pour les profils > 35 ans ou les secteurs traditionnels.
-
APEC
GratuitRéservoir cadres commerciaux le plus large en France, gratuit pour publication standard. Volume conséquent mais moins ciblé que LinkedIn ; bien adapté si vous élargissez l'entonnoir (par exemple pour un poste mid sur un marché tendu) ou si vous recrutez hors Île-de-France où LinkedIn est plus sec sur les profils commerciaux.
Playbook d'évaluation
Le rôle d'Account Executive se signale à travers cinq stades d'évaluation. La discovery (stade 4) est le plus prédictif : cumuler les stades valide la décision, jamais un seul stade.
-
Stade 1: Lecture du CV
Cherchez la cohérence cycle / panier : un profil qui a porté du 30 jours / 5 k€ deal opère très différemment d'un profil 180 jours / 80 k€. Durée de poste minimale 18 mois sur les rôles de closing précédents ; multiplier les postes de 12 mois est un signal de churn ou de non-fit répété. Le quota atteint en valeur absolue compte moins que la cohérence avec la cible affichée du poste précédent.
-
Stade 2: Phone screen (30 min)
Trois questions seulement : (1) « Décrivez votre dernier deal sur lequel vous avez vraiment été fier·ère du closing », (2) « Quel chiffre d'affaires personnel avez-vous porté l'an dernier ? » (clarté du math sales ou évasion), (3) « Pourquoi un changement maintenant ? » (récit clair vs. dispersé). Sortie : go / no-go en 5 min, pas plus.
-
Stade 3: Entretien structuré (90 min)
Utilisez le set de 15 questions ci-dessous en alternant behavioral, situational, case, technical, values. Insistez sur la qualité de discovery (questions ouvertes posées au prospect, écoute active, capacité à reformuler). Deux intervieweurs minimum, scoring indépendant avant débrief.
-
Stade 4: Mise en situation discovery (60 min)
Confiez à la·le candidat·e un brief de prospect fictif 1 semaine avant l'entretien. Demandez 30 min de discovery « en live » avec un·e membre de votre équipe qui joue le prospect, suivi de 15 min de débrief sur la stratégie commerciale et 15 min de Q&A. C'est le stade le plus prédictif : la qualité des questions ouvertes posées sur les vrais enjeux du prospect détermine la performance future en pipeline.
-
Stade 5: Références (vérification structurée)
Appelez deux références : un·e ancien·ne manager direct·e et un·e ancien·ne collègue commercial·e. Posez les mêmes 4 questions : « Sur quoi est-il·elle le plus fort·e ? », « Sur quoi recruteriez-vous quelqu'un de complémentaire ? », « Le·la reprendriez-vous demain ? », « Un exemple de deal perdu et comment il·elle a réagi ? ». La 4e question révèle le vrai signal (résilience et apprentissage en cas d'échec).
Questions d'entretien structurées
-
Comportementale Diagnostic et apprentissage Décrivez le dernier deal stratégique que vous avez perdu. Que s'est-il passé et qu'en avez-vous tiré ?
Ce qu'une bonne réponse révèleCapacité à diagnostiquer une perte sans blâmer le prospect ou le produit. Bonus : la·le candidat·e identifie un signal précoce qu'il·elle aurait pu détecter plus tôt (un stakeholder absent en discovery, un budget pas qualifié, un timing politique non vérifié). Les candidat·e·s qui n'ont « jamais vraiment perdu de deal stratégique » mentent ou n'ont pas porté de quota significatif.
-
Comportementale Pilotage de pipeline Parlez-moi du deal le plus complexe que vous avez fait avancer. Combien d'interlocuteurs, quel cycle, quelle était la difficulté principale ?
Ce qu'une bonne réponse révèleCapacité à cartographier les stakeholders (économique, technique, utilisateur, sponsor) et à adapter son discours par interlocuteur. Concret sur la durée et les étapes. Les candidat·e·s qui décrivent un cycle complexe en 2 phrases révèlent qu'ils·elles ont vendu en transactionnel, pas en consultatif.
-
Comportementale Qualification et arbitrage Décrivez un moment où vous avez dû dire « non » à un prospect ou disqualifier une opportunité tardivement. Pourquoi, et comment ?
Ce qu'une bonne réponse révèleDiscipline d'arbitrage : capacité à protéger son pipeline en sortant les opportunités non qualifiées, même tardivement. Maturité face au coût psychologique de « lâcher » un deal sur lequel on a investi du temps. Les candidat·e·s qui n'ont jamais disqualifié quelqu'un·e révèlent une faiblesse en qualification amont.
-
Situationnelle Pilotage de pipeline Vous êtes à 50 % du quota au 1er du dernier mois du trimestre. Quel plan d'action ?
Ce qu'une bonne réponse révèleDécoupage rigueur : revue stage-par-stage du pipeline existant avant de prospecter ; identification des deals avançables (pas tous le sont) ; arbitrage entre creuser l'existant vs. ouvrir de nouvelles opportunités. Les réponses « faire plus d'appels » sont un drapeau rouge : signal d'absence de méthode.
-
Situationnelle Discovery et qualification Un prospect chaud disparaît : 3 semaines sans réponse après une demo positive. Comment relancez-vous ?
Ce qu'une bonne réponse révèleDiagnostic d'abord : sans nouvelles, présumer un changement de priorité côté prospect (project pris en interne, changement de stakeholder, budget gelé). Plan : un message court qui donne une option de no-decision (« si ce n'est plus le bon moment, dites-le moi simplement »), pas une relance générique. Les candidat·e·s qui relancent en boucle révèlent un manque de maturité de pipeline.
-
Situationnelle Résilience et appropriation Votre territoire change ; vous perdez 30 % de votre pipeline. Comment réagissez-vous le premier mois ?
Ce qu'une bonne réponse révèleAcceptation rapide de la nouvelle réalité et focus sur ce qui est actionnable (cartographie du nouveau territoire, identification des comptes prioritaires, rebuild de pipeline). Les candidat·e·s qui restent ancré·e·s dans la frustration ou qui négocient longuement pour récupérer leur territoire révèlent une rigidité opérationnelle.
-
Étude de cas Math sales Coverage de pipeline : votre quota trimestriel est de 250 k€. Votre cycle moyen est de 75 jours et votre taux de close est de 25 %. Combien de pipeline qualifié devez-vous avoir en début de trimestre pour atterrir au quota ?
Ce qu'une bonne réponse révèleMath sales claire : pipeline qualifié = quota / taux de close = 250 / 25 % = 1 M€. Bonus : la·le candidat·e ajuste pour la maturité du pipeline (un pipeline en stade 1 n'a pas la même valeur qu'un pipeline en stade 4) et arrive à 1,2-1,5 M€ après pondération. Sans calculatrice. Hésitations > 60 secondes sur ce calcul = signal fort de faiblesse en pilotage.
-
Étude de cas Pilotage de pipeline Vous avez 5 deals en cours : Deal A (panier 80 k€, stade qualification, prospect tiède), Deal B (15 k€, stade négociation, prospect chaud), Deal C (50 k€, stade démo, sponsor changeant), Deal D (30 k€, stade qualification, prospect chaud), Deal E (120 k€, stade démo, prospect tiède). Comment priorisez-vous votre semaine ?
Ce qu'une bonne réponse révèlePriorisation effort × probabilité × panier (pas un classement plat par taille). Deal B et D devraient être les priorités (chaud, avançables) ; Deal A et E demandent de la patience et du re-qualification ; Deal C demande un re-engagement du nouveau sponsor avant tout. Les réponses « je travaille sur le plus gros d'abord » révèlent un biais de panier qui sabote le quota.
-
Étude de cas Discovery et qualification Faites-moi une discovery de 5 minutes : nous sommes une PME SaaS de 25 employés qui pourrait être votre prospect. Que cherchez-vous à apprendre, et dans quel ordre ?
Ce qu'une bonne réponse révèleQuestions ouvertes (pas de questions fermées en discovery), priorité à la qualification du PROBLÈME avant la solution, écoute active. Mauvais signes : pitch produit déguisé en questions, focus exclusif sur le budget, absence de question sur le processus de décision. Un·e bon·ne AE pose 10-15 questions en 5 minutes ; un·e mauvais·e pose 3 questions et parle pendant 4 minutes.
-
Technique Hygiène opérationnelle Comment maintenez-vous votre hygiène CRM au quotidien ? Décrivez un rituel concret.
Ce qu'une bonne réponse révèleRoutine documentée et tenue : mise à jour des deals chaque vendredi, notes structurées par méthodologie (MEDDIC, BANT, BANT-CHAMP), suppression des deals fantômes. Les candidat·e·s qui répondent en généralités (« je tiens mon CRM à jour ») révèlent une faiblesse rédhibitoire pour un AE moderne. Bonus : un·e candidat·e qui mentionne avoir convaincu un·e ancien·ne manager d'imposer plus de discipline CRM à l'équipe.
-
Technique Méthodologie commerciale Quelle méthodologie de qualification utilisez-vous, et donnez un exemple où elle a changé une décision ?
Ce qu'une bonne réponse révèleFamiliarité avec MEDDIC, BANT, CHAMP, GPCT ou variantes. L'exemple compte plus que le nom de la méthodologie : un·e bon·ne AE peut citer un deal qu'il·elle a disqualifié grâce à une méthode (par exemple : Champion absent en MEDDIC). Les candidat·e·s qui ne connaissent aucune méthodologie nommée ont travaillé dans des environnements peu structurés ; à pondérer selon votre contexte (PME early-stage = OK, scale-up = à creuser).
-
Technique Hygiène opérationnelle Vous arrivez dans une équipe où le forecast est systématiquement sur-optimiste de 30-40 %. Quelle est votre première hypothèse sur la cause, et comment vous adaptez-vous personnellement ?
Ce qu'une bonne réponse révèleDiagnostic : forecast inflationné = soit qualification faible en amont, soit pression managériale pour montrer du pipeline, soit absence de critère de stage clair. Adaptation : tenir son propre forecast plus conservateur en parallèle pour calibrer son crédit avec son manager. Les candidat·e·s qui s'alignent par défaut sur l'optimisme du groupe ne défendront pas leur quota personnel quand ce sera nécessaire.
-
Valeurs Coachabilité Comment recevez-vous le feedback d'un·e manager après un call que vous pensiez bien mené ?
Ce qu'une bonne réponse révèleOuverture : capacité à dissocier le retour du jugement personnel. Bonus : la·le candidat·e cite un exemple concret de changement de comportement après un feedback désagréable. Les candidat·e·s qui décrivent avoir « expliqué leur logique » au manager au lieu d'écouter sont à pondérer (peut signaler une faiblesse de coachabilité).
-
Valeurs Jeu d'équipe Comment travaillez-vous avec un·e SDR / BDR qui vous passe des leads ? Et avec un·e Customer Success Manager après le closing ?
Ce qu'une bonne réponse révèlePosture de partenariat : feedback bidirectionnel et structuré avec le·la SDR (sur la qualité des leads passés) ; transition propre vers le·la CSM avec briefing documenté. Les candidat·e·s qui parlent de la·du SDR ou CSM avec condescendance ou détachement révèlent une faiblesse de jeu d'équipe qui se manifestera en retention et en upsell.
-
Valeurs Maturité commerciale Décrivez une décision où vous avez priorisé la santé long terme d'un compte plutôt qu'un closing à court terme.
Ce qu'une bonne réponse révèleMaturité commerciale : capacité à différer une opportunité quand le client n'est pas prêt, à recommander un downgrade de scope plutôt qu'un push sur le panier max. Concret : la·le candidat·e cite un montant, un compte, et l'impact long terme. Les candidat·e·s qui n'ont jamais arbitré contre un closing court terme ont un biais transactionnel qui posera problème en cycles longs.
Comment reconnaître un·e excellent·e Sales Manager
| Compétence | Sous la barre | Au niveau | Au-dessus |
|---|---|---|---|
| Discovery et qualification | Pose 3-5 questions de discovery dont la moitié sont fermées ; passe au pitch dès le premier signal positif. Ne disqualifie jamais un prospect avant la phase de négociation. | Pose 8-12 questions ouvertes en discovery, qualifie le budget et le processus de décision, sait disqualifier si le timing n'est pas bon. Méthodologie nommée et utilisée. | Conduit la discovery comme une enquête : 15+ questions structurées, fait parler le prospect de ses enjeux 80 % du temps, identifie 2-3 stakeholders et leurs priorités respectives. Disqualifie sereinement et garde la relation. |
| Math sales | Calcule difficilement un taux de close ou un coverage de pipeline. Forecast en CA cumulé sans découper par stage, vélocité, ou probabilité. | Sait calculer coverage = quota / taux de close, ajuste pour la maturité du pipeline. Forecast structuré par deal avec probabilité explicite. | Pilote son pipeline comme un business unit : connaît son taux de close par segment, ajuste sa génération de leads en fonction de la vélocité moyenne, et défend son forecast avec données quand le manager pousse pour gonfler. |
| Hygiène opérationnelle | CRM mis à jour en réaction (avant un 1:1), notes peu structurées, deals fantômes laissés actifs. Pas de rituel hebdomadaire de pipeline review. | Mise à jour CRM hebdomadaire, notes structurées par méthodologie, suppression des deals stagnants. Connaît son pipeline par cœur en début de semaine. | CRM est un outil de pilotage, pas une corvée : tagging fin par persona / industrie / source / objection ; revues structurées chaque vendredi ; deals taggés « at-risk » avec next step daté. Sert de référence à l'équipe. |
| Résilience et appropriation | Attribue les pertes au produit / au marché / au prospect. Réagit aux changements de territoire ou de quota par la frustration plutôt que par l'action. | Analyse les pertes avec son manager et identifie ce qu'il·elle aurait pu faire différemment. S'adapte aux changements en quelques semaines. | Cherche le feedback en cas d'échec et structure un plan d'amélioration sans qu'on le·la demande. Voit les changements comme des opportunités de re-prioriser, pas comme des injustices. |
| Coachabilité et jeu d'équipe | Écoute le feedback puis revient au même comportement. Travaille en silo, considère SDRs / CSMs comme des fonctions de support. | Intègre le feedback en quelques semaines, partage ses techniques avec les pair·e·s. Donne du feedback constructif au·à la SDR et fait un handover propre au·à la CSM. | Demande activement du feedback (calls observés, deals débriefés), encadre informellement les juniors, structure la relation SDR / CSM comme un partenariat avec rituels documentés. |
Plan 30/60/90 jours
À J+30
- Onboarding produit complet et certification interne validée ; capacité à faire une démo en autonomie
- Shadowing de 5-10 calls (discovery, démo, négociation) avec différents membres de l'équipe
- Cartographie du territoire ou portefeuille de comptes assigné avec hypothèses de priorisation
- Premiers 3-5 calls de discovery sortants menés en autonomie, accompagné en post-call par le manager
À J+60
- Pipeline build : 30-50 % de la couverture cible pour le trimestre, avec qualification documentée par deal
- Premier deal en négociation autonome (panier petit ou moyen) ; participation à des deals stratégiques en binôme
- Mise à jour CRM hebdomadaire tenue, première pipeline review présentée au manager
- Méthodologie de qualification (MEDDIC ou équivalent) utilisée explicitement dans les notes de deal
À J+90
- Pipeline coverage cible atteinte (3-4× le quota trimestriel restant) avec qualification homogène
- Premier deal closé en autonomie sur le trimestre, indépendamment du panier
- Cadence opérationnelle stable : prospection / discovery / closing / hygiène CRM tenue 8 semaines consécutives
- Bilan formel avec le manager : ramp validé, plan d'amélioration sur 1-2 axes prioritaires pour le trimestre suivant
Erreurs de recrutement courantes pour ce poste
-
Embaucher sur le quota atteint sans contexte cycle / panier
Un·e AE qui a fait 120 % en cycle 30 jours / panier 5 k€ n'a pas le même métier qu'un·e AE qui fait 120 % en cycle 150 jours / panier 80 k€. Les rituels, la cadence de qualification, et la mécanique de closing diffèrent fondamentalement. Cherchez un·e profil dont le cycle précédent est au plus 2× plus court ou plus long que le vôtre ; les écarts plus grands demandent une réadaptation de 6-9 mois.
-
Confondre AE et SDR / BDR à l'embauche
L'AE qualifie et closse un pipeline déjà chaud (en grande partie) ; le·la SDR / BDR génère le pipeline en sortant. Mélanger les deux dans une annonce produit deux résultats classiques : soit vous payez 55-65 k€ fixe pour un·e profil qui passera 70 % du temps à prospecter en cold (frustration et churn rapide), soit vous payez 40 k€ pour un·e profil censé closer un pipeline complexe sans la séniorité requise. Précisez explicitement la proportion attendue prospection vs. closing.
-
Sous-estimer la phase de ramp
Un·e AE rampé·e tient son quota au mois 6 ; rare au mois 3. Pourtant beaucoup de PME calent un quota plein dès le mois 1, ce qui pousse le·la commercial·e à raccourcir la discovery, sur-promettre, et créer du churn 6 mois plus tard. Plan ramp standard : 25 % quota au mois 2, 50 % au mois 3, 75 % au mois 4, 100 % au mois 5. Ajustez selon la complexité du cycle (cycle 90+ jours = ramp plus long).
-
Embaucher sur le pedigree (nom de la boîte précédente) plutôt que sur les signaux opérationnels
Avoir fait 3 ans chez un·e Salesforce, HubSpot ou Datadog n'est pas un signal de performance ; c'est un signal de filtre passé. Beaucoup d'AEs sortis de grosses boîtes échouent en PME parce qu'ils·elles n'ont jamais construit de pipeline en autonomie (les leads venaient du Marketing). Cherchez les signaux opérationnels : qualité du CRM tenu, méthodologie nommée, exemples concrets de discovery réussie, capacité à prospecter en outbound.
-
Ignorer la méthode de prospection en cold
Beaucoup d'AEs en PME doivent prospecter au moins 20-30 % du temps. Les profils qui n'ont jamais eu à le faire (parce que le Marketing leur servait des leads chauds) ont une expérience opérationnelle limitée et un risque élevé d'échec. Pendant l'entretien, demandez de raconter une séquence outbound concrète (combien de touches, sur quels canaux, quel taux de réponse, quel pivot après 5-7 touches sans retour). Pas de réponse claire = drapeau rouge.
Questions fréquentes
-
Quel est le salaire d'un·e Account Executive en PME française ?
La fourchette de référence pour un·e Account Executive mid-level en PME française B2B est de 40 à 65 k€ bruts annuels en fixe (médiane autour de 50 k€), à laquelle s'ajoute une part variable de 17 à 28 k€ à l'OTE (structure 70/30 typique). Les profils SaaS scale-up Paris tirent vers le haut, les profils ESN / services tirent vers le bas. Pour un mid solide à 100 % d'OTE, comptez 65-90 k€ de rémunération cible totale.
-
Quelle est la différence entre Account Executive et Sales Manager ?
L'Account Executive est un·e contributeur·rice individuel·le : il·elle gère un portefeuille de comptes ou un territoire, qualifie, négocie et clôture en autonomie. Le·la Sales Manager encadre une équipe de 3 à 8 AEs et porte un quota collectif. Confondre les deux à l'embauche pousse les AEs frustré·e·s à postuler (le poste ne convient pas à leur séniorité de management) ou à attirer des Sales Managers qui devront vendre 80 % du temps (frustration symétrique).
-
Quelle est la différence entre Account Executive et SDR / BDR ?
Le·la SDR / BDR génère le pipeline (prospection sortante, qualification initiale, prise de rendez-vous) ; l'Account Executive qualifie, conduit la discovery, négocie et clôture. En PME, l'AE peut aussi prospecter 20-30 % du temps, mais le cœur du métier est le closing en autonomie sur des cycles de 60 à 120 jours. Embaucher un·e AE sans bien cadrer la part prospection produit des frustrations rapides.
-
Combien de temps faut-il pour recruter un·e Account Executive en France ?
Comptez 35 à 55 jours entre la publication de l'annonce et la signature pour un·e profil mid-level en PME française. Les délais s'allongent en cas de cycle multi-étapes (3 entretiens + mise en situation + références) ou en période de fin d'année. Réduire le délai sous 30 jours sacrifie généralement la phase de mise en situation, qui est la plus prédictive de la performance future.
-
Quelles sont les obligations légales d'une annonce Account Executive en France ?
Trois obligations principales : (1) intitulé neutre ou avec mention H / F (article L. 1142-1 du Code du travail), (2) affichage de la fourchette salariale ou communication avant le premier entretien (directive 2023 / 970, transposition au 7 juin 2026), (3) transparence sur tout outil d'IA utilisé pour le tri des candidatures et supervision humaine garantie (EU AI Act, applicable au 2 août 2026).
-
Quel cycle de vente correspond à un·e Account Executive mid-level ?
Un·e AE mid-level est généralement à l'aise sur des cycles de 45 à 120 jours, avec des paniers moyens de 15 à 80 k€. Au-delà (cycles 6-12 mois, paniers 200 k€+), vous cherchez un·e profil Senior ou Enterprise AE. En dessous (cycles 15-30 jours, paniers sub-5 k€), vous êtes sur un métier de Sales Velocity ou Inside Sales qui demande d'autres compétences (volume d'appels, automatisation, scripts).